Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Qu'est-ce qu'on l'a aimé le printemps des révolutionnaires au jasmin!
On en avait les larmes aux yeux, c'est dire si on était ému dans ma télé. J'avais presque envie d'éponger l'écran tellement que ça dégoulinait de bons sentiments arabo-démocratophiles.
On se surprenait même à regarder Google earth pour voir de combien de kilomètres la Tunisie était remontée vers le nord.
Divine surprise: on constatait qu'on pouvait être encore un peu arabe (personne n'est parfait) sans être pour autant musulman fanatique. Et même on pouvait être laïc. Laïc! Vous vous rendez compte!
Ceux qui n'y croyaient pas tout à fait étaient convaincus que c'était du peu au jus.
Eh bien ils ont eu tort!
Arabo-musulmans ils étaient, les Tunisiens, arabo-musulmans ils sont toujours.
Remarquez, on a commencé à s'en douter quand des islamistes ont attaqué la station de télé qui avait diffusé Persépolis. Mais bon. On nous a fait le coup de "l'infime minorité" et de la "ferme condamnation", patin-couffin. Et on a avalé ça.
Mais aujourd'hui, ce n'est plus la même chose.
Les Tunisiens ont donné la majorité à un parti islamiste!
Y compris les Tunisiens de France qu'on était prêts à embrasser goulûment quand on les rencontrait dans la rue s'ils pouvaient prouver qu'ils n'étaient pas algériens.
Et au cas où on n'aurait pas compris, on nous annonce
- que la Tunisie, en plus d'être majoritairement islamiste est aussi résolument arabe;
- et que nous "polluons" la belle langue de ce beau pays avec la langue de Molière.
C'est comme si vous sonniez chez un nouvel ami, un bouquet de fleurs à la main et un sourire ravi sur le visage (ou plutôt un sourire sur votre visage de ravi) et que vous receviez un grand coup de serpillière humide à travers la figure de la part de la dame qui vous ouvre la porte avant de vous la claquer au nez.