Je vous parle d'un temps ... où les vêtements devaient durer. A cette époque lointaine, l'achat d'un manteau pour le chef de famille était un véritable investissement qui écornait le livret de Caisse d'Epargne. Ce n'était pas tous les jours qu'on achetait un manteau, ni tous les ans! Loin de là!
Alors, on vérifiait tout, le tissu devait être solide, la coupe classique pour ne pas se démoder et la couleur adaptée à toutes les circonstances. Dans le magasin, on l'examinait sous toutes les coutures, on vérifiait la solidité, on supputait l'évolution de la teinte et on regardait s'il y avait bien dans les ourlets de quoi fournir au stoppeur assez de matière pour faire une réparation en cas d'accroc.
Et il faisait son devoir le brave manteau, il durait mais il se râpait lentement aux manches et au col et se décolorait sur les épaules jusqu'au point où il ne pouvait plus faire illusion. Il fallait se résoudre non pas à le jeter ou à en faire des patins pour protéger le parquet ciré (qu'alliez vous imaginer!) mais à le "faire retourner": le tissu était "encore bon" car l'envers, protégé par la doublure, n'avait subi ni l'usure, ni les agressions du soleil ou de la pluie.
C'était le travail d'un tailleur virtuose, un rénovateur qui décousait entièrement le vêtement et le reconstruisait en mettant la gauche à la place de la droite et le dessous à la place du dessus. Les boutonnières étaient "condamnées" et la suture était cachée par les boutons. De nouvelles boutonnières étaient mises à l'emplacement des anciens boutons et une nouvelle doublure parachevait le chef d'oeuvre.
Et le manteau était "comme neuf". Au boulot, les copains plaisantaient: "Tu ne l'avais pas déjà retourné ton manteau? Ça doit faire au moins trois fois!".
Pourquoi je vous raconte ça, moi?
Vous espériez un article sur la rénovation du Parti Socialiste? Hé bien! Vous l'avez!