Le navire est encore solide. Les officiers ont l'expérience de la haute mer et des traversées périlleuses. Il sont un peu trop nombreux peut-être et pas aussi disciplinés qu'on pourrait le souhaiter. La quille racle le banc de sable. Il est urgent de reprendre le large avant d'être définitivement échoués.
Une partie des matelots a déserté et est allé poser son sac sur des bateaux concurrents, plus petits, plus maniables mais peu aptes à affronter le gros temps.
Une de nos officières nous a quittés avec d'autres mutins (n'ayons pas peur des mots) pour prendre la barre du "Raspail", encouragée en cela par un armateur novice qui, il y a peu, finançait un couturier. Espérons qu'elle nous reviendra quoique certains disent qu'elle se préparerait plutôt à un abordage.
Il nous faut repartir. Mais où? Nous avons égaré nos cartes (à moins qu'on ne nous les ait volées). Certains disent même que nous avons perdu la boussole.
Il est donc urgent de recruter un nouvel équipage si nous voulons à nouveau embarquer des passagers.
Qui veut venir ramer sur notre galère?