Ils sont nombreux ceux qui souhaitent qu'on laisse Chirac profiter en paix de sa retraite de président de la République, fonction qu'il
a assumée pendant douze ans et qui lui a permis d'être à l'abri des poursuites judiciaires.
Ce sera la première fois, en effet, qu'un ancien président sera appelé à répondre de ses actes devant un tribunal correctionnel. Les détournements de fonds publics et autres abus de confiance qu'on
lui reproche ont permis à Jacques Chirac de faire du RPR la machine de guerre qui l'a propulsé à l'Elysée. Sans eux, c'est peut-être Jospin qui aurait été élu.
Oui, ils sont nombreux. On les comprend. Certes ils avancent le grand âge du personnage, l'ancienneté des faits (douze ans d'immunité quand même!) et la sympathie dont il jouit dans l'opinion
depuis ou parce qu'il n'est plus aux affaires.
Mais la vraie raison c'est que si Chirac doit se présenter devant ses juges et risque d'être condamné, tous ceux qui en ont croqué depuis ont du souci à se faire.
Les bénéficiaires de sinécures et de fromages, les présidents de "Commissions Théodule", les rédacteurs de frais de missions fantaisistes, les abonnés aux voyages d'études, les patrons de
domestiques payés par la collectivité, les pistonneurs de leur progéniture réclament l'indulgence et, mieux encore, l'oubli.
Créer un précédent, c'est faire une brêche dans laquelle des juges hargneux risquent de s'engouffrer. Plus que la tranquillité de Jacquou-le-croqueur, c'est la leur qu'ils défendent. C'est presque
un aveu de leur part.
Il sera intéressant de voir quelle sera la suite de la carrière des magistrats qui sont appelés à juger Chirac. Oui, intéressant.
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